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A ses heures perdues, Esther MAR alimente ces quelques pages. Sachez que vous êtes sur le site d'une âme déchirée et ne soyez pas choqué si ses visions appartiennent à des mondes qui ne rencontrent jamais les vôtres.

08 avril 2008

Une aventure

Je suis l’auteur du sixième VillaBar. Quelle aventure. Le thème était « Saturniens, Saturniennes. Vivre en 3027 sur Saturne ». Jusqu’au dernier moment j’ai hésité à me rendre sur les lieux pour m’imprégner de l’ambiance. Puis, comme souvent, la peur et l’angoisse m’ont retenue à la maison.

J’ai suivi l’aventure de VillaBar dès le début, surtout de loin. Je suis venue une fois, lors de la deuxième édition, mais ne suis pas restée longtemps. J’étais dans un coin avec Jean, mon ami qui sortait pour la première fois depuis son opération. Il craignit qu’on ne le prît pour une femme. Mais c’était impossible : sa masculinité, qui avait toujours dominé chez lui, était désormais avérée par une nouvelle réalité physique qui lui va bien et ne laisse plus aucun doute. Depuis, d’ailleurs, il l’a expérimenté.

J’avais donc senti l’ambiance de VillaBar. A cette époque, il n’était pas question que je participe à l’aventure. Quand Edith me l’a pourtant proposé, j’ai commencé par refuser. J’avais accepté de participer à AlmaSoror parce que la liberté y était totale, ainsi que la solitude. Mais comment sortir de moi au point de co créer une œuvre collective ?

Et puis elle a insisté, d’autres m’ont poussée à accepter. Je n’avais pas l’obligation de venir à la soirée villabarienne me concernant, pas d’obligation de relations avec les photographes et les acteurs. Je pouvais rester libre ; je pouvais rester seule. Bien sûr, il me faudrait respecter la série (conserver les noms des personnages).

J’avais lu tout ce qui s’était fait, tant les romans photos eux-mêmes que le blog des personnages de VillaBar.

J’avais admiré les écrits de Mathieu Granier, Iris Ducorps, Antonio Zamora, Sara, tous ces gens dont Edith m’avait parlé, ainsi que ses textes à elle. J’apprécie les photographies des gens impliqués.

Saurais-je, à mon tour, écrire une histoire qui tienne debout ?

C’était la question que je me posais. Il était trop tard désormais pour refuser.

J’ai déjà dit le thème : « Saturniens, Saturniennes. Vivre en 3027 sur Saturne ». Les photographes présents, qui me sont inconnus, étaient Isabelle Ferrier, Sara, Marcella Barbieri.

Lorsque je reçus le chemin de fer photographique, je fus impressionnée par l’atmosphère des photographies et abasourdie par la tâche qui m’attendait. Pourtant, je réagis vite. En une nuit, j’écrivis le texte d’une traite. Les deux jours suivant, je relus ce premier jet et l’accommodai. Enfin, j’envoyai le tout à Edith.

Attente saisie d’angoisse : comment pourrait-elle accepter un tel torchon ? Et pourtant, elle m’appela chaleureusement pour me dire qu’elle avait apprécié. Alors je dois désormais assumer le regard des autres, tous ceux qui vont lire.

Les acteurs, qui vont devoir découvrir ce que j’ai fait de leur visage. Les photographes, qui vont découvrir ce que j’ai fait de leurs images. Le public de VillaBar, qui suit les rails bringuebalants de cette aventure.

Bien sur, j’ai voulu cacher mon catholicisme et tout ce que j’ai de si réactionnaire, pour correspondre à l’atmosphère moderne et libertaire de VillaBar. Hélas, je crois que cela ressort un peu tout de même.

Une chose est certaine, claire, et belle : c’est que je ne regrette pas de m’être jetée dans l’eau villabarienne, le temps d’un minuscule roman.

Posté par maresther à 15:34 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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